Catégorie : Planet-libre | le lundi 09 août 2010 |
Pour pouvoir exploiter au mieux ses fichiers RAW avec UFRaw, Rawtherapee ou Darktable, il est préférable d'avoir un profil ICC correspondant à son boitier. Il est bien sûr possible d'utiliser les profils créés par le fabricant ou bien ceux de sociétés tierces. Seulement, le rendu des couleurs est loin de celui obtenu avec les logiciels pour lesquels ils ont été créés.
Principe
Pour étalonné le capteur de son appareil photo, il faut :
- faire une photo d'une charte de couleur
- dé-rawtiser la photo sans aucune correction
- analyser cette photo avec Argyll CMS pour créer le profil ICC
Idéalement, il faudrait créer un profil pour chaque scène... mais on peut arriver à créer un profil générique qui convienne à la majorité des cas.
Choix de la charte de couleur
J'ai pris une charte CMP Digital target 3 de CMP Color, elle contient 570 patches de couleurs et coûte un peu plus de 80 €. Elle est crée sur une imprimante à jets d'encre, il peut donc y avoir du métamérisme. Dans la même gamme de prix, il y a les color checker de X-Rite. Elles sont teintés dans la masse mais ne contiennent que 24 patches, ce qui n'est à priori trop peu pour faire un profil précis.
J'ai reçu la mire rapidement, 3 jours après l'avoir commandé. Elle livrée dans une chemise en plastique rigide et emballée dans un carton épais pour le transport. Lorsque le fabricant l'envoie, nous recevons un mail avec les mesures spectrales ainsi que les mesures de luminosité de la charte.
Avec l'achat de la cible le fabricant propose la création de plusieurs profils avec ses outils, il suffit de déposer une photo de la mire sur son serveur FTP. Ce que j'ai fait, je lui ai aussi dit que j'étais sous Linux et il m'a répondu qu'il existe des logiciels de calibration sous Linux et que je pouvais le faire moi-même. A ce jour, je n'ai toujours pas reçu les profils promis avec l'achat de la cible.
Prise de vue
Il s'agit de la partie la plus délicate :
- L'appareil photo doit être le plus parallèle possible à la charte
- la charte doit être éclairée de façon homogène
- la lumière doit avoir un spectre le plus large possible. Idélament, la lumière du soleil au zenith par temps clair. On peut aussi se servir d'un flash. Je déconseille cette seconde solution qui donne des résultats moins bon.
- il faut éviter que des objets de couleurs à proximité de la charte se reflètent dedant sinon, nous risquons de fausser les mesures.
Dérawtisation
L'image doit être la plus neutre possible. Sous UFRaw, les paramettre suivants doivent être appliqués :
- exposition à zéro
- rendu numérique
- les courbes doivent être linéaires
- contrastes et saturation à 1.0
- pas de profil en entré
- profil de sortie sRGB avec un rendu de colorimétrie absolue
- gamma 1.0 et linéarité à zéro
- format tif 16 bit
Création du profil avec Argyll CMS
La création se fait en 2 étapes. La première consiste à analyser la charte avec la commande suivante :
scanin -v -p -a -dipn IMAGE_CHARTE.tiff /usr/share/color/argyll/ref/CMP_Digital_Target-3.cht CMP_DT3.txt
Les paramètre principaux de cette commande sont :
- l'image de la charte
- l'emplacement des patchs de couleurs sur la charte
- une mesure étalon des couleurs des patchs
Une fois la commande exécutée, nous obtenons un fichier diag.tif qui permet de savoir si l'image a correctement été reconnue.
Ensuite, nous utilisons la commande suivante pour produire un fichier ICC (IMAGE_CHARTE.ICC) :
colprof -v -A "Canon" -M "EOS 5D Mark II" -D "Canon EOS 5D Mark II" -C "Copyright (c) 2010 Xavier BESSE. Some rights reserved." -q l -a m IMAGE_CHARTE
To be continued ...
Il ne reste plus qu'a utiliser ce fichier en entrée de UFRAW ou Darktable. J'ai d'ailleurs fourni une prise de vue de la charte faite avec le 5D Mk II au projet Darktable. La personne en charge de la gestion des couleurs de Darktable a créé une courbe générique pour le logiciel afin d'avoir une gestion précise du 5D Mk II. Grâce à cela, Darktable est aujourd'hui le logiciel libre qui me donne les couleurs les plus fidèles pour mon boitier.
Une fois le profil créé, il est aussi possible de créer des profils simulant le rendu des couleurs proposées par le fabricant du boitier. Par exemple, simuler le rendu des Styles d'Images de Canon ... mais ça, c'est un autre article !
Catégorie : Planet-libre | le jeudi 25 mars 2010 |
J'utilise aujourd'hui uniquement des ordinateurs portables chez moi, c'est un choix personnel. Parmi les quelques inconvénients de ces machines, il y a la lenteur des disques dur qui affecte la réactivité générale du système. Je présente ici les quelques optimisations que j'ai trouvé sur Internet et appliqué avec succès. Ces optimisations sont appliquées sur un ordinateur portable "standard" : Intel Core2 duo, 3Go de mémoire vive, un DD de 280 Go, carte graphique avec mémoire dédiée.
Choix du système de fichier et partitionnement du disque
Mon disque est partitioné comme suit :
- swap 4 Go
- /boot ext3 300 Mo
- / ext4 10 Go
- /home ext4 le reste du disque
J'ai une partition séparée pour
/boot car lorsque
ext4 fut proposé officiellement par les distributions majeures,
grub ne le supporté pas encore, il fallait donc que la partition contenant le noyau soit en
ext3 par exemple. J'ai toujours une partition de
swap, bien que le système ne s'en serve presque pas. Enfin, j'ai une partition pour les données utilisateur séparée du reste du système. L'utilité d'une telle séparation est de pouvoir changer de distribution sans avoir à déplacer les données utilisateurs sur un autres disque. Nous verrons par la suite, que cela a un autre intérêt.
Le système de fichier utilisé est ext4 car il est a priori plus performant que ext3 et
ext2. Je n'ai jamais utilisé
JFS ou
XFS bien qu'ils soient aussi très intéressants.
Tmpfs
La mémoire vive est plus rapide que mon disque dur ! Seulement, le système et les programmes ont besoin d'enregistrer des données temporaires sur le disque pour leur fonctionnement. Ces données sont écrites en plusieurs endroits en fonction de leur nature :
- /tmp pour des données temporaire supprimées à chaque redémarrage
- /var/tmp pour des données temporaires pouvant être réutilisées
- /var/run pour les données du programme en cours d'exécution
- /var/lock pour permettre à certains programmes de positionner des verrous
Grâce à
tmpfs, nous pouvons monter ces répertoires en mémoire vive. Le gros point fort de tmpfs est d'allouer dynamiquement la mémoire vive, les répertoires montés de la sorte n'occupent que l'espace pris par les fichiers. Si nous regardons la taille du répertoire avec un gestionnaire fichier (ou bien
df à la console), nous obtenons la taille maximale que peut avoir ce répertoire en mémoire vive. Par défaut, tmpfs défini cette taille maximale à la moitié de la mémoire vive disponible.
Pour utiliser tmpfs sur les répertoires sus-cités, il suffit d'ajouter les lignes suivantes au fichier
/etc/fstab et de redémarrer son système :
tmpfs /tmp tmpfs defaults 0 0
tmpfs /var/tmp tmpfs defaults 0 0
tmpfs /var/run tmpfs defaults 0 0
tmpfs /var/lock tmpfs defaults 0 0
Avec ces quelques lignes, je constate que mon système est plus réactif. C'est difficile à quantifier, je n'ai pas de mesures objectives à fournir. Cependant, les menus de
XFCE et leur icônes s'affichent plus rapidement qu'avant, le gestionnaire de fichier
Thunar affiche plus rapidement le contenu des dossiers, ... bref c'est plus fluide.
Attention, tout ne peut pas être mis en mémoire vive car les données qui y sont placées sont perdues avec l'extinction de l'ordinateur. Il existe bien sûr possible de créer des scripts pour sauvegarder dans une archive les données au moment de l'arrêt. D'autres scripts rechargent ensuite ces données dans la phase de démarrage du système. Je n'ai pas mis en œuvre cette possibilité.
Le cas Firefox
Firefox gère un cache sur le disque dur dans le répertoire de l'utilisateur. Il est possible de paramétrer la localisation de ce cache et le placer dans le répertoire /tmp. Pour cela, dans la barre d'adresse de Firefox, il suffit de taper about:config, valider l'avertissement puis ajouter la clé browser.cache.disk.parent_directory et lui donner comme valeur /tmp. Une fois cette modification faite, si nous relançons Firefox, nous constatons que la navigation est un peu plus fluide qu'auparavant.
Le tuning ext4
Il est possible de gagner encore en performance en jouant sur certains paramètres de montage des partition dans /etc/fstab. Voici un exemple de ligne je vais détailler :
/dev/sda2 / ext4 noatime,data=writeback,barrier=0,nobh,commit=100,nouser_xattr 0 1
-
L'option noatime désactive l'acces time. Par défaut, à chaque fois, que nous accédons à un fichier, ext4 écrit la date d'accès à ce fichier sur le disque! Dans le cadre d'un usage personnel, cette opération couteuse en temps peut être désactivée sans que cela affecte le fonctionnement du système.
-
L'option data=writeback change le mode de journalisation du système de fichier. Dans ce mode les données peuvent être écrites sur le disque après que leur méta-données soient enregistrées. Cela signifie qu'en cas de plantage, si une opération d'écriture était en cours certaines données ne seront pas retrouvées. Dans mon cas (partition racine), sauf en cas d'installation d'un nouveau programme ou de mise à jour du système, je ne risque pas grand chose. Attention, lorsque cette option est activée sur la partition racine, celle-ci doit être d'abord montée en lecture seule pour que la commande suivante lui soit appliquée : tune2fs -o journal_data_writeback /dev/sdXX où XX est la partition modifiée, sda2 dans notre exemple. Dans le cas contraire, certains programmes comme le serveur X refusent de démarrer. Un fois cette opération faite, on peut redémarrer normalement son ordinateur.
-
L'option commit=100, modifie l'intervalle de mise à jour du journal en seconde. Il s'agit d'une opération de synchronisation entre les données et les méta-données. Par défaut, elle est positionnée à 5 secondes. En la mettant à 100, cela signifie qu'en cas de plantage, je peux perdre jusqu'à 100 secondes d'historique.
-
L'option nouser_xattr désactive les attributs étendus des utilisateurs. Pour un usage personnel, cette fonctionnalité n'est pas très importante.
-
L'option nobh nécessite que la première option data=writeback soit utilisée.
-
L'option barrier=0 ne doit être activée que lorsqu'on a une alimentation de secours ... ce qui est le cas sur un portable :-). Concrètement, cette option renforce l'ordre des commits dans le journal. Encore une fois, sur la partition racine, je ne risque pas grand chose.
Les options les plus significatives sur la réactivité du système sont
noatime et
data=writeback.
Et les logs ?
Il est aussi possible de mettre le répertoire /var/log en mémoire vive. Cela signifie juste que je perd l'historique des actions sur mon ordinateur. Dans le cadre d'un usage domestique, cela pas pas beaucoup d'importances. Par contre, il faut penser à désactiver le service de log du noyau.
Encore plus de réactivité ?
Pour les plus fortunés, il est possible d'acheter un ordinateur portable avec 2 emplacements pour disque dur et de les configurer en raid 0. Il est aussi possible de remplacer l'unique disque dur du portable par un disque SSD ... très cher.
Une autre solution moins onéreuse peut être d'acheter une Express card SSD, on en trouve de quelques Go pour une cinquantaine d'euros. L'idée est de mettre la partition racine sur ce disque et le reste sur le disque dur.
Catégorie : Planet-libre | le lundi 22 mars 2010 |
Dans ce billet je vous propose de découvrir le travail d'Elsamuko. Il a déjà créé plusieurs scripts très intéressants pour donner divers effets sur une photo; il continue d'en proposer régulièrement. Je ne vais pas détailler tout les scripts, seulement ceux qui me plaisent et que je peux utiliser dans mon workflow. Je vous invite donc à aller sur son site pour découvrir les autres.
Image de travail
voici l'image sur laquelle je vais appliquer les différents scripts.
Installation des scripts
Comme d'habitude, il suffit de copier les fichiers *.scm dans votre répertoire $HOME/.gimp-2.6/scripts et de lancer Gimp. Il est possible soit de télécharger les scripts qui vous intéressent un à un, soit de télécharger une archive zip contenant l'ensemble des scripts.
Technicolor
Il s'agit là de simuler le rendu des vieux films couleurs des années vingts aux années cinquantes. Il y a deux scripts :
- le premier simule le procédé technicolor bichrome. Il créé 3 calques Cyan, rouge et jaune et permet de définir les couleurs de chacun. L'image finale est obtenu en superposant les différents calques.
- le second simule le procédé technicolor trichrome. Il est un peu plus complet que le premier et permet de définir les couleurs de recompositions Cyan, Magenta et Jaune. En désactivant les options "retro color" et "extra intensity", l'image obtenu est très proche de l'originale avec des couleurs vieillis. L'image ci-dessous utilise les paramètres par défaut du script.
National Geographic
Ce script simule le rendu des portraits qu'on trouve dans la revue National Geographic. Il existe une version batch qu'on peut utiliser en dehors de Gimp. Il crée plusieurs calques : un pour les ombres, un pour le contraste local, un pour l'accentuation, ... Il permet de régler l'opacité des calques et l'intensité de l'accentuation et du contraste local.
Vintage Look
Ce script simule le rendu des photos des années soixante-dix. Il créé 4 calques : une copie en N&B de l'original et des calques cyan, magenta et jaune dont on peu régler l'intensité à partir du script.
Photochrome
Ce script simule le rendu du procédé de lithographie photochrome. Il permet de régler, entre autre, les couleurs du dégradé et du contraste.
Movie 300
Ce script simule le rendu des couleurs du film 300. Il permet de régler les couleurs utilisées pour le rendu final, la désaturation, l'opacité des différents calques, ...
Cyanotype
Ce script simule le procéde de tirage photo Cyanotype. Il permet de régler les couleurs du dégradé, le contraste local, ...
Les autres scripts
Si vous allez sur le site d'Elsamuko, vous trouverez aussi un script pour obtenir un effet Lomo, très à la mode en ce moment. Je ne l'ai pas détaillé car je possède un Lensbaby Muse qui permet d'obtenir ce genre de résultat naturellement. Vous trouverez aussi des effets de bordures de photos et des rendus d'affiche célèbre (Obama, Che Guevara).
Catégorie : Planet-libre | le mardi 16 mars 2010 |
Dans ce second billet consacré au traitement des fichiers RAW sous Gnu/Linux, je vais m'intéresser au nouveau Libre :
RawTherapee.
Je ne vais pas détailler chaque fonction de Rawtherapee, le manuel utilisateur est très bien fait et explique déjà tout cela. Plus précisément, je vais juste aborder ses points intéressants par rapport à UFRaw que j'ai traité dans
le premier billet de cette série. J'avais utilisé RawTherapee il y a quelques temps pendant plusieurs mois pour voir de quoi il était capable, j'ai fini par l'abandonner car il n'était pas libre. Avec le changement récent de licence (GPL), je vais pouvoir y revenir.
Un logiciel global
Rawtherapee propose une approche assez semblable aux logiciels propriétaires comme Lightroom ou Bibble. C'est à dire qu'il propose un flux de travail complet autour du traitement des fichiers RAW. Celui qui n'a pas besoin de faire de retouches d'image élaborées (suppression de poteaux électriques, retouche cosmétique, ...) peut très bien organiser son travail uniquement autour de ce logiciel depuis le catalogage des fichiers jusqu'à l'accentuation finale de l'image en passant par l'édition des données Exif et IPTC.
Profils utilisateur
L'un des points intéressants de Rawtherapee est de pouvoir sauvegarder des profils de corrections d'image.
Concrètement, je peux avoir un profil minimal sans accentuation pour pouvoir ensuite retoucher les images dans Gimp (pour des portraits par exemple), un profil avec une accentuation basique pour les images que je n'ai pas besoin de retoucher (photos de famille, ...) et différents profils pour le N&B.
Onglet exposition
Comme dans tout logiciel de traitement RAW, nous commençons par régler l'exposition de l'image. Nous pouvons compresser les hautes lumières comme dans UFRaw (rendu film) avec la possibilité de contrôler le niveau de compression. Nous avons de plus la possibilité de compresser les basses lumières, très intéressant pour éviter de boucher complètement les ombres.
Toujours dans cet onglet "Exposition", nous pouvons régler le contraste globale de l'image.
Nous trouvons ensuite un onglet permettant de "récupérer" les hautes lumières. Concrètement, lorsqu'une image est trop surexposée et qu'il est impossible d'avoir des détails dans les hautes en utilisant les réglages d'exposition, cet outil propose de calculer les données manquantes à condition que les trois canaux rouge, vert et bleu ne soient pas tous surexposés. Par exemple pour les nuages blancs dans un ciel bleu, il est fréquent que les nuages soient trop blancs. En générale, le canal bleu est trop surexposé mais les canaux rouges et vert contiennent souvent encore des informations. dans ce cas l'outil peut utiliser les données de ces 2 canaux pour calculer un canal bleu.
L'outil "ombres/hautes lumières" nous permet quant à lui de rattraper les différences d'expositions entre différentes zones de l'image. Par exemple, sur un portrait pris en extérieur à midi avec le soleil face au sujets, cela permet d'atténuer les ombres dures présentent sous les arcades sourcilières.
Onglet Détail
Dans cet onglet nous pouvons régler l'accentuation ainsi que la réduction du bruit de luminance et chromatique. Il n'y a pas grand chose à dire sauf au niveau de l'accentuation où nous avons un paramètre très intéressant qui permet de limiter l'effet de halo dans les zones à fort contraste ou lorsqu'on pousse un peu trop l'accentuation.
Onglet Couleur
C'est ici que nous pouvons régler la balance des blancs, convertir l'image en N&B avec un mixeur de canaux complet, charger un un profil ICM pour le boitier et corriger la colorimétrie de l'image dans l'espace Lab. Nous avons surtout un outil de réglage de la saturation des couleurs avec un limiteur de sur-saturation. Le résultat peut s'apparenter à l'outil "vibrance" qu'on rencontre sur d'autre logiciel.
Onglets transformation et Meta-données
Rien de particulier à dire ici, nous retrouvons les classiques du genre : rognage, rotation, redimensionnement, manipulation des données Exif, ... Ha, si l'outil de rotation est vraiment très pratique et facile à utiliser : il suffit de tracer une droite au dessus de l'élément qui devrait être horizontale ou verticale.
Utiliser Rawtherapee en mode batch
Rawtherapee propose un mode batch directement accessible depuis l'interface graphique. Pour s'en servir, il suffit de placer l'image corrigée dans la file de traitement. Une fois que l'ensemble des images que nous souhaitons traiter est dans la file, il ne reste plus qu'à lancer le traitement.
Le rendu des couleurs dans Rawtherapee
Rawtherapee étant basé sur dcraw comme UFraw, certains utilisateurs peuvent rencontrer des problèmes au niveau du rendu des couleurs. Concrètement les images ont tendance à tirer vers le vert et à être fade, j'ai déjà abordé ce sujet pour UFRaw. Il est nécessaire de calibrer son appareil photo par rapport au logiciel pour avoir des couleurs justes. Pour cela, il faut utiliser une charte de type Gretag et un logiciel comme LPROF ou Argyll CMS. Je n'ai pas encore testé cette solution.
RawTherapee vs UFRaw
Rawtherapee propose beaucoup plus de fonctionnalité que UFRaw, il sera très apprécié par ceux qui souhaitent juste pouvoir gérer et corriger leurs photos et qui n'ont pas besoin d'opérer de traitements lourds.
To be Continued
Le prochain billet sur la dé-rawtisation des photos sous Linux sera consacré à un logiciel très prometteur et plutôt sexy: Darktable
Catégorie : Planet-libre | le mercredi 10 mars 2010 |
Dans le précédent billet, j'ai proposé une traduction de l'article 10 reasons Gimp is better than Photoshop. Cet article est peu argumenté et pour certains points inexact. De plus, le titre est volontairement provocateur, alors pourquoi en avoir fait une traduction ? Tout simplement car cela amène des réactions, des critiques (ce qui n'a pas manqué !) et permet de connaitre les motivations des uns et des autres. Dans le présent billet, je fais une compilation des arguments en faveur de Gimp ainsi que mes propres réflexions sur "Pourquoi préférer Gimp à Photoshop".
Gimp est Libre : Open Source !
Oui ! Libre ! En quoi est-ce important ? Celui qui n'est pas développeur a-t-il un intérêt à préférer un logiciel de retouche d'image libre à un logiciel propriétaire ? La majorité des formats d'image sont lisibles par l'un comme par l'autre ? Et bien l'intérêt est le même que d'utiliser un système d'exploitation Libre comme Linux plutôt qu'un système propriétaire alors qu'ils peuvent communiquer entre eux ... aujourd'hui.
Les débuts de l'informatique ont connu des systèmes propriétaires qui étaient volontaires incapables de communiquer entre eux : IBM, Bull, Digital, ... Les premiers logiciels de traitement d'images possédaient aussi chacun leur propre format d'image bitmap pour éviter que la concurrence relise facilement les fichiers produits. Chacun étaient obligé de proposer l'importation du format du concurrent. C'est pour cela qu'aujourd'hui nous avons droit à un nombre pléthorique de formats d'enregistrement : tiff, tga, pcx, bmp, ...
Il n'y a pas si longtemps, disons 10 ans, celui qui avait Photoshop et qui voulait ouvrir des fichiers créés à partir d'autres logiciels était obligé de les convertir d'abord dans un format lisible par Photoshop. On rencontre un problème similaire aujourd'hui avec les formats RAW issus des appareils photos : CS3 étant sorti avant la commercialisation du Canon 5D Mark II, celui qui achète cet appareil photo et qui souhaite pouvoir importer directement ses fichiers RAW comme il le faisait avec son Canon 5D première génération avec CS3 est obligé ... d'acheter la mise à jour vers CS4 ! En utilisant Gimp sur un système Libre, je n'ai pas eu ce problème, le système était déjà à jour.
Gimp est Libre : Gratuit !
Oui ! Gratuit ! Et c'est légal ! Actuellement, un logiciel comme Photoshop peu coûter plus de 1000€. Il coûte moins cher pour une licence étudiante. Gimp est gratuit ! Bien sûr, certains doivent me lire, goguenards, en se disant qu'eux ils ont une "version gratuite" de Photoshop. Je demanderais juste à ces personnes quelles seraient leurs réactions si un éditeur sortait un livre illustré avec l'une de leurs images (sous licence By-NC) au seul prétexte qu'ils l'ont trouvé "gratuitement" sur Internet.
Pouvons-nous, moralement, présenter un travail réalisé avec un outil dont nous n'avons pas l'autorisation d'usage ?
Gimp est modulable et configurable !
j'ai déjà écrit un billet sur la configuration de Gimp. Nous pouvons facilement organiser les fenêtres et configurer les outils pour qu'ils conviennent à nos besoins. J'ai par exemple configuré les outils comme le pinceau, l'aérographe, le tampon ou le correcteur pour régler l'opacité de la brosse avec la molette de la souris lorsque j'appuie sur la touche alt. Je règle aussi la taille de la brosse avec la molette de la souris et la combinaison de touches ctrl/alt. C'est très pratique dans le cas d'une retouche de portrait où il est nécessaire d'adapter en permanence la taille de la brosse à la zone à traiter. Gimp permet aussi d'assigner dynamiquement des raccourcis claviers aux différentes entrées des menus. C'est très pratique lorsqu'on utilise souvent les mêmes filtres.
Nous pouvons aussi sauvegarder plusieurs configurations types : comme Gimp enregistre l'ensemble des réglages utilisateurs dans $HOME/.gimp2-6, une fois la configuration "retouche d'image" terminée, nous pouvons renommer le répertoire et créer une nouvelle configuration "dessin numérique".
Gimp possède un mode batch sans interface graphique !
Si je souhaite appliquer un traitement à un ensemble d'images, je peux créer un script-fu que j'appelle simplement à partir de mon gestionnaire de fichiers. L'interface graphique de Gimp n'est pas chargée, cela permet d'avoir un traitement qui prend un minimum de place en mémoire.
Gimp est léger et fluide !
Suffisamment, pour tourner sans problème sur un ordinateur portable et traiter un fichier contenant une dizaine de calques de 21 Mpixels chacun. Soit 1,2 Go de mémoire utilisée sans pédaler dans la choucroute. J'ai récemment fait une présentation où les auditeurs, habitués à Photoshop sous Windows, étaient bluffés par la rapidité et la fluidité des actions sur un tel fichier. Parmi les questions, on m'a demandé si c'était dû au système Linux ou bien si c'était le portable qui est puissant. La machine utilisée est certes correcte (un core 2 duo P7350 et 3 Go de ram), je pense que le couple Gimp/Linux y est aussi pour quelque chose.
Gimp propose des plugins/scripts très puissants
Parmi les différents plugins sympas de Gimp, nous avons :
- liquid rescale qui permet de redimensionner une image tout en préservant les dimensions originale de certaines zones. Très pratique pour allonger une image sans allonger la personne qui est dessus.
- Wavelet décompose qui décompose l'image en plusieurs calques contenant chacun un niveau de détail de l'image. Redoutable pour lisser la peau d'une personne sans en détruire la texture.
- Separate luminance qui créé un calque de luminance et un calque de chromi. En attendant d'avoir un mode Lab, nous pouvons utiliser ce script pour travailler les contrastes de l'image sans en affecter les couleurs.
- auto-rotate qui permet de tracer un chemin à partir duquel Gimp calcule l'angle à utiliser pour tourner une image penchée.
- Dans les actions GEGL, nous avons c2g qui permet de convertir une image en noir et blanc en tenant compte de la perception humaine des contrastes.
- Pour ceux qui en veulent encore plus, il existe l'ensemble de scripts FX-Foundry et Mathmap pour "dessiner" ses propres plugins
Gimp et le dessin numérique
Comme l'a indiqué David Revoy, il existe un patch nommé Gimp-painter qui transforme l'outil pinceau de Gimp. Je ne m'étendrai pas sur ce patch car je ne fais que de la retouche d'image. Il existe aussi le projet Gimp Paint Studio qui propose de nombreux preset pour Gimp. Ces presets sont très utiles et très bien faits, même pour ceux qui, comme moi, ne font pas de dessin numérique.
Conclusion
N'étant pas un professionnel de l'image, je ne vais conclure qu'a mon niveau d'amateur. Est-ce que Photoshop vaut le coût d'investir dans une licence onéreuse par rapport à Gimp ? D'autant plus qu'en choisissant le logiciel propriétaire, on sera probablement amené à acheter une mise à jour lorsqu'on changera d'appareil photo (voir Gimp est Libre : Open Source !). Est-ce que les quelques différences au niveau fonctionnalité valent le coût d'investir dans ce logiciel ? A titre de réflexion je vous invite à regarder le travaille de Rosi Hardy qui retouche ses photos avec Gimp.